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Kalle Mattson – Lives In Between

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Cela fait un peu plus de trois ans que Kalle Mattson compose des chansons, puisant son inspiration chez Bob Dylan, Wilco et Bruce Springsteen. Depuis, ce projet solo a évolué en véritable band, avec la sortie de deux albums complets et d’un nouvel EP, « Lives in Between ». Oscillant entre folk et rock indé, ce maxi renferme quelques petits bijoux, particulièrement lorsqu’il enchaîne habilement les refrains et les ponts.

« Lives In Between » devient particulièrement intéressant dans sa diversité. L’influence de Dylan résonne sur « Someday », où les guitares électriques créent un paysage sonore merveilleux, accompagnant l’harmonica et les guitares acoustiques. « Sun is Gone » est plus rythmée et orchestrée grâce à la section de cuivres tandis que les guitares à la Springsteen apparaissent dans « The Shore », construction à l’apogée rock indé ambitieuse. « Water Falls » permet à Mattson d’étaler les accents ambiants. Seule la pièce bonis de la version web du EP, « Palm Sunday » vient ternir « Lives In Between ». Avec ses cris et son côté lo-fi, cette chanson s’éloigne inutilement de la direction folky et sympathique empruntée par Mattson.

Rarement mélancolique, Kalle Mattson est plus songeur, voire contemplatif, complètement absorbé par ses textes et ses mélodies. On ne parle plus nécessairement de potentiel à surveiller, mais d’un talent à peaufiner. Disponible en téléchargement gratuit sur son site internet, « Lives In Between » pique ma curiosité.

Site officiel : http://www.kallemattson.com/

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mai 1, 2012 à 21:56

Olivier Jarda – Good Luck Cartel

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Il s’est écoulé cinq ans entre les deux albums de Olivier Jarda, auteur-compositeur-interprète originaire de Moncton et demeurant maintenant à Halifax. Durant cette période, Jarda oeuvrait comme analyste des politiques climatiques dans un groupe de réflexion à Washington, la capitale américaine. Maintenant de retour à la mère patrie dans le cadre d’études en sciences dans une université haligonienne, Jarda a pris près d’un an et demi pour terminer « Good Luck Cartel », son deuxième disque complet.

« Good Luck Cartel » dégage quelque chose de chaleureux et d’intime, surtout dans la manière dont fut approché l’enregistrement des onze chansons. Les très grandes qualités de songwriter de Jarda, qui se fait captivant et édifiant, permettent aux arrangements de prendre un recul nécessaire pour épurer chaque coup de batterie, chaque note de piano, chaque prise de son. L’ensemble du disque bénéficie de tout cela; les refrains nous frôlent subtilement. On a le temps d’attraper quelques mots et mélodies ici et là. Ce n’est qu’à la fin de la chanson que l’on saisit l’ampleur du moment précédent. « Good Luck Cartel » est à son meilleur lorsque Jarda ressort ses instincts pop sur des fonds folk. L’oeuvre est alors profonde et elle nous transporte de manière personnelle.

En explorant la portée de la « chance », l’auteur-compositeur vient de livrer un disque universel, qui se transpose à notre vision des probabilités, que ce soit du côté de la fortune, du hasard ou de la guigne. Dans le cas de Olivier Jarda, ce n’est pas un heureux concours de circonstances. Le type possède énormément de talent et fut en mesure de mûrir chacune de ses chansons. « Good Luck Cartel » s’avère être une très belle surprise.

Site officiel : http://www.olivierjarda.com

Rédigé par 500khz

avril 30, 2012 à 13:40

Klô Pelgag – EP

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Issue du circuit des concours de chanson du Québec, l’auteure-compositrice-interprète Chloé Pelgag a choisi le titre le plus judicieux possible pour son premier maxi; « EP ». À part la durée de cette offrande, le nom direct de cette collection de chansons ne caractérise pas vraiment le produit musical de Klô Pelgag, plus grandiose que minimaliste.

Par l’entremise de la chanson francophone déjantée, elle livre une toile de fond poétique, singulière et éclaté. Imagées et porteuses, les quatre pièces du mini-album sont audacieuses, tout en nous permettant d’embarquer pleinement dans l’univers de Klô Pelgag. Elle s’inscrit dans le courant moderne, mais il y a quelque chose de très ’70s dans la manière d’approcher cette musique pop éclatée, que ce soit au niveau des progressions et des arrangements orchestraux.

L’étendue des instruments utilisés contribue à donner beaucoup d’ampleur aux chansons, qui prennent une tout autre dimension quand se côtoient les instruments à cordes et autres cuivres par-dessus le piano de Pelgag. Elle se dit inspirée par la culture en général : Ionesco, Debussy, Lauzon. Ça se sent. « Ariane » met en vitrine plusieurs références habiles à Shakespeare, tandis que les métaphores de « Comme des rames » créent un climat cinématographique. Très belle plume, superbe instinct mélodique, voix envoutante, cet Extended Play est complet.

Site officiel : http://klopelgag.com/

Long Distance Runners – Tracks

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Cela m’a pris quelques instants pour apprivoiser le groupe terre-neuvien Long Distance Runners, sur la scène du Breakout Stage, lors de la dernière édition des ECMAs. Leur musique ne détonnait pas particulièrement, mais leur présence contrastait avec celle des auteurs-compositeurs qui jouaient ça safe ou cute. Il leur a fallu quelques chansons pour être à l’aise devant l’immensité de la salle, composée d’une foule éparpillée et assise à l’une ou l’autre des tables de banquet. Je retiens une bonne première impression de Long Distance Runners, surtout dans ce contexte, pas tout à fait accueillant pour un groupe du genre.

« Tracks », leur premier album complet, donne beaucoup plus de profondeur à leur rock à la Rolling Stones, au-delà de ce que le groupe semblait pouvoir offrir en spectacle. Les membres ont saisi l’occasion de l’enregistrement en studio pour construire et déconstruire leurs chansons. Le résultat est spontané et franc, entre les paroles du ténébreux Chris Picco et la solidité des arrangements du groupe. Le vrai bijou de « Tracks » est « If I forget to say I love you », brillante progression, aux allures de chanson d’amour tordue, marquée par l’arrivée soudaine des autres Long Distance Runners, poursuivant l’intensité déjà bien amorcée. Contournant nos appréhensions, le pont final vient solidifier le caractère unique de cette pièce.

On sent les Long Distance Runners s’amuser parmi leurs influences, que ce soit lors de moments plus roots ou jazz. Autant efficace dans leurs intentions rock que dans leur esthétique rétro, le groupe vient de livrer un des disques les plus intéressants des provinces de l’Atlantique en 2012.

Site officiel : http://www.thelongdistancerunners.com/

Rédigé par 500khz

avril 26, 2012 à 19:56

The Utilities – Flint

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Le deuxième album du groupe albertain The Utilities est né d’une série d’initiatives qui entourent Esper Records. Le fondateur de cette boîte, Jesse Northey, cherchait une façon de réunir des artistes dont les réussites pourraient bénéficier à toute la scène locale de la ville de Lethbridge. Sous ce projet, Northey assure une très grande partie de la réalisation des albums de sa maison de disques: enregistrement, mise en marché, promotion. « Flint » est la deuxième parution de Esper Records.

The Utilities me rappelle Wintersleep, en plus roots. L’approche du groupe devant le folk rock n’est pas nécessairement audacieuse, mais elle est aérée, permettant d’inclure des tas d’influences dans leur songwriting, dans un contexte résolument moderne. Les compositions plus vaporeuses (Rods & Cones) côtoient les pièces rock (Eyesopen/Eyesclosed), tout en conservant une belle ligne directrice, inscrite dans la musicalité bien sentie de The Utilities.

C’est d’ailleurs cet aspect qui est le plus réussi sur « Flint », laissant entrevoir le très grand potentiel du groupe sur scène. Quand les quatre membres sortent les amplificateurs sur « June 30, 2011 », chanson roots rocker dynamique, on sent The Utilities au sommet de sa forme, à travers les riffs de guitares saturées, dans la spontanéité des arrangements et dans l’esthétique Canadiana des paroles. « Flint » est parfois inégal, mais somme toute, The Utilities livre un disque très prometteur.

Site officiel : http://theutilities.org/

Rédigé par 500khz

avril 25, 2012 à 13:00

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