Les Revenants – Bêtes Lumineuses
J’ai toujours porté en haut estime les conteurs d’histoires qui utilisent la musique country comme moyen d’expression. Vous comprenez que je ne parle pas de cette vague américaine qui allie la pop et le rock au twang. En plus d’apprécier les grands classiques du genre, j’ai une affection particulière pour le country québécois, héritage oblige. Il y a moyen d’explorer toutes les facettes du chapeau de cowboy et de parler d’autres choses que des stéréotypes; le coeur brisé, à cheval, la leçon de vie. J’en conviens, ils sont rares ces paroliers francophones qui sont plus incisifs. Il y a Stephen Faulkner et Stephen Faulkner.
Les Revenants semblent vouloir prendre cette place entre la tradition country et la modernité bien ténébreuse. Le quatuor montréalais accouche d’un premier album, “Bêtes Lumineuses”, en référence au documentaire de Pierre Perreault. Oui, celui où on suit un groupe de chasseurs. Elle n’est pas très lumineuse la bête: Les Revenants utilisent certes le twang mais lui donne une couleur actuelle, quelque part entre country traditionnelle, western surréaliste, surf et post-rockabilly. À défaut d’être uniquement dérisoires, les quatre revenants sont crédibles dans ce rôle.
Au point où d’une oreille distraite, on a l’impression que le groupe s’exprime en anglais, alors que l’album écrit en français est accompagné par quelques pièces instrumentales. En plus de redonner au country son aspect cinématographique, Les Revenants livrent un produit francophone original et étonnamment authentique. À classer entre vos disques instrumentaux des années 60 et la disographie de The Sadies.
Site officiel: http://www.lesrevenants.mu