500khz – Tounes, musique et tout le reste

Grimes – Visions

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J’écoute énormément de radios sur internet. Ce n’est pas ma source primaire de découvertes, mais généralement les animateurs y sont intéressants, l’interactivité est plaisante et les palmarès me servent de baromètre, question d’avoir une idée de ce qui fonctionne dans le légendaire R.O.C., le Rest Of Cosmos. En contrepartie, c’est souvent là que naissent des attentes surréalistes quant aux nouveaux artistes. C’est pourquoi je tente de me tenir loin autour du hype que l’on créer autour de la musique, comme avec Grimes, alias Claire Boucher et de son troisième album « Visions ».

Après tout, pour moi, Grimes, s’inscrit parfaitement dans les projets de Arbutus Records, maison de disque montréalaise qui nous amené à l’avant-plan les Silly Kissers, Sean Nicholas Savage et Tops. Généralement, j’aime bien leurs parutions, mais de là à s’emporter comme c’est le cas avec Grimes, je n’en suis pas certain. Oui, Pitchfork lui a accordé la note de 8.5 avec une mention dans la catégorie « Best New Music » et c’est tant mieux. Pour ma part, j’ai préféré prendre le temps d’apprivoiser « Visions » avant d’établir un constat clair et précis sur l’efficacité et l’intuition de la machine à bruit indé. De toute façon, 500khz est un blogue de musique, pas de critique sociale ou d’analyse de marketing 2.0. Bon.

Force est d’admettre que “Visions” c’est pas mal bon. Au long des treize chansons, elle étale son électro-pop futuriste et psychotique avec son instinct bien à elle, libre et indépendant. À défaut de céder aux tentations d’une approche commerciale, Boucher livre ses pièces avec conviction et en laissant entrevoir des désirs évidents de créer un ensemble, une ambiance envoutante et mystérieuse, autour des textes et des arrangements. En plus d’avoir un bon sens mélodique, elle réussit à superposer chacune des intentions avec merveille. Bravo, mais on a quand même le sentiment de tourner en rond au long de « Visions ». Il manque l’épaisseur supplémentaire qui arrondit chacune des chansons. En plus d’être les morceaux les plus mémorables, « Nightmusic », « Genesis » et « Visiting Statue » sont les morceaux les plus achevés.

« Visions » est un bel exemple d’originalité et de profondeur, mais d’une recette qui s’épuisera plutôt rapidement. Je demeure perplexe de la pérennité de Grimes, malgré les qualités évidentes de cet album.

Grimes sur Arbutus Records: http://www.arbutusrecords.com/?page_id=21

Rédigé par 500khz

février 24, 2012 à 14:30

City and Colour au Playhouse: récit d’un désastre annoncé

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The Low Anthem — Photo : courtoisie

Depuis que je suis un habitué des spectacles, j’ai vu de tout au niveau musical et au niveau social. Du punk, du métal, du jazz, du folk, du bruitage. J’ai vu des spectacles dans des bars où il y avait plus de gens sur scène que dans la foule. J’ai été à des festivals rock, à des concerts classiques et à des spectacles improvisés dans des sous-sols. En tant que spectateur, j’ai des attentes avant d’aller voir des artistes dans un contexte particulier. C’est pourquoi quand ma copine m’a offert un billet pour aller voir City and Colour, le 22 février, au Playhouse, la salle de spectacle de Fredericton, je n’ai pas refusé, croyant que l’ambiance de la pièce serait un bon endroit pour apprécier Dallas Green. J’aurai dû me méfier, après tout j’ai eu le nez fracturé à un spectacle de Kaïn, mais ça, je vais en parler dans ma biographie.

The Low Anthem, groupe américain assurait la première partie. L’admission de retardataires cinq, dix, quinze ou trente minutes après le début du concert a empêché à la formation d’installer une véritable atmosphère dans la salle. La sonorisation n’était pas à point; les harmonies vocales étaient imperceptibles, il y avait trop de basse, pas assez de guitares électriques et les éléments de la batterie ne ressortaient pas. Puis, les gens de notre rangée semblaient plus préoccupée par l’idée de faire du va et viens que par The Low Anthem. Dommage, le groupe démontrait de superbes flashs, à mi-chemin entre le folk roots et le rock psychédélique américain. Malheureusement, à force d’être dérangé par la lampe de poche des placiers, je n’étais plus concentré sur la scène depuis un bon bout de temps.

Cette tournée pancanadienne à guichet fermé est un moment marquant de la carrière de City and Colour. D’abord, le projet solo de Dallas Green est maintenant son projet principal, causant la séparation de son groupe Alexisonfire. Cela marque aussi le troisième album de Green, « Little Hell », disque platine au Canada. Il n’est pas étonnant que City and Colour attire une foule bien différente de celle qui porte en haute estime le premier album de Alexisonfire. Lors de l’entracte, les quatre sièges devant nous ont trouvé preneurs, un groupe dont le parfum de robine et d’Axe laissait présager le pire. Faut dire qu’ils étaient sur le party depuis un petit bout, assez pour être très insupportable. Leur présence fut tolérée, même si ce groupe a trouvé le moyen de ruiner ma soirée tellement ils étaient impolis et éméchés. Le Playhouse a été trop indulgent à leur endroit. Tant mieux s’ils se sont amusés, pour ma part, je garde un bien mauvais souvenir du premier spectacle auquel j’ai assisté dans cette salle.

« Ok, mais City and Colour, c’était comment? ».

De ce que j’ai pu apprécier, c’était bien. Dallas Green possède une superbe voix, un bon sens de l’écriture et une grosse collection de guitares. Le type n’est pas extraordinaire sur scène, mais il est honnête et fidèle à lui, tout comme son groupe. Daniel Romano (Attack in Black), faisait office de guitariste, une présence qui semble avoir rassuré ma copine. On a eu droit à des interprétations d’une majorité de pièces de « Little Hell » et aux incontournables (The Girl, Fragile Bird), sans failles et fidèles aux enregistrements. J’ai bien apprécié l’humour pince-sans-rire de Green qui a pris la sage décision d’ignorer les trop nombreux chahuteurs dans la salle. Il a également évoqué le passage de Alexisonfire à Fredericton 2003, demandant à la foule s’ils y étaient. Médusé quant aux applaudissements abondants, il mentionne qu’il n’y avait personne à ce concert.

City and Colour — Photo : courtoisie

Je suis bien perplexe quant à ma soirée. Il faut souligner autant la musicalité de The Low Anthem que l’inébranlabilité de City and Colour. Malheureusement, une mauvaise sonorisation, l’admission de retardataires bien après le début du spectacle et la tolérance inutile d’un groupe irrespectueux on fait en sorte que je garde une bien mauvaise impression de ce spectacle. Je n’aurai pas eu les mêmes attentes dans un bar ou à l’extérieur. Les salles de spectacles m’ont habitué à des standards qui n’ont pas été respectés hier soir.

The Low Anthem: http://www.lowanthem.com/

City and Colour: http://cityandcolour.ca/

Mike O’Neill – Wild Lines

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Ce qui est bien de la scène alternative, c’est que tout le monde a le potentiel d’être votre idole et tout le monde est plus ou moins accessible. Prenez le duo canadien The Inbreds, groupe phare du revival CanRock des années 1990. Règle générale, soit les gens sont de très grands amateurs de The Inbreds et de leur héritage, soit ils ne le connaissent pas. Je fais partie du premier groupe, ça vous étonne? À défaut de le préciser, même après leur séparation, l’impact de la formation se fait sentir au quotidien : le batteur, Dave Ullrich est le fondateur du site Zunior, la boutique de quartier pour la musique en ligne, pendant que Mike O’Neill se garde occupé avec la parution d’album solo et son travail en télévision (Trailer Park Boys). J’ai donc saisi pleinement l’occasion qui s’est offerte pour aller voir O’Neill lors d’un cercle des auteurs-compositeurs cet hiver. J’appréhendais tellement « Wild Lines », son troisième disque solo, que je n’ai pas écouté mon exemplaire promotionnel de l’album avant le spectacle, question de découvrir les chansons avec les anecdotes, dans une atmosphère intime.

Intime, c’est vite dit. Mike O’Neill était le plus nerveux de toute la bande. Laissez faire les « ah c’parce que c’t'un p’tit gêné pis c’t'un artiss exssssentrique». Au contraire, j’aime bien ces auteurs-compositeurs pour qui chaque spectacle est le premier. J’adore quand j’ai la chance de voir quelqu’un qui a façonné la musique indépendante, se soucier autant du moment présent, assez pour admettre publiquement sa crainte, quoiqu’évidente; sa jambe tremblait et les chansons se terminaient sèchement. Pas grave, Mike O’Neill ce n’est pas un interprète à voix, une bête charismatique ou une tête d’affiche rassembleuse. C’est Mike O’Neill, voilà. C’est un homme plutôt transparent quant à ses peurs, ses échecs et son quotidien. C’est aussi un maître de la mélodie pop à la Beatles, plus à l’aise dans un studio d’enregistrement que devant une foule avec sa guitare acoustique.

« Wild Lines » donne l’impression d’être l’aboutissement d’une vie à écouter de la musique, à l’intégrer et à l’écrire. Les chansons de O’Neill sont sans failles, tout comme les structures et les enchaînements. Il demeure très gêné, ce qui n’est pas un problème; pour lui il n’existe pas de mur physique entre les sessions d’enregistrements et mes écouteurs. Mike O’Neill s’offre un troisième album intègre et authentique, à mi-chemin entre affirmation et timidité. Ici la grande victoire est d’enchaîner une power pop très efficace avec originalité, sans redondances. “Wild Lines” est quelque part entre la sensibilité de George Harrison et la scène indé haligonienne des années 1990.

“Wild Lines”, en magasin le 28 février.

Site officiel: http://mikeoneillmusic.com/

Rédigé par 500khz

février 22, 2012 à 11:15

Royal Canoe – Extended Play

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Les Manitobains du groupe Royal Canoe viennent de lancer le EP qui possède le titre le plus original et le plus authentique. Car le Extended Play (mini album) est un format qui connaît ses jours de gloire en ces temps de téléchargement et de vitrines numérique. Coup de génie et effort de simplicité volontaire : pourquoi ne pas nommer le prochain EP “Extended Play”, tout simplement?

On ne peut pas le renier : les membres de Royal Canoe accordent énormément d’attention à la qualité de l’instrumentation et à l’originalité de leurs compositions. La pièce d’ouverture, “Hold On To The Metal” est efficace. Royal Canoe ne s’aventure pas trop loin et prend le temps nécessaire pour nous accrocher dans son univers pop-progressif aux voix superposées. Ça fonctionne : le refrain est mémorable et le groupe réussit à nous amener ailleurs que quand leur esthétique pop indé, avec l’aide de détours scéniques, d’harmonies vocales et d’un banjo saturé.

Ça se gâte quand Royal Canoe joue les rockeurs progressifs. “Bathtubs” est beaucoup trop longue et n’aboutit à rien, malgré la qualité des riffs et des arrangements. La pièce nous accroche au départ, mais finit par nous épuiser à mi-chemin des six minutes. La suite est décevante : “Bloodrush” n’a pas la même portée pop que les pièces précédentes et c’est trop peu trop tard avec “Caught in a loop” qui ne fait que tourner en rond. “Extended Play” permet à Royal Canoe de nous impressionner avec leur sens mélodique raffiné et leur désir de réinventer la pop. Lorsqu’ils ne prennent pas le soin de canaliser ces éléments, les chansons sortent à l’envers comme en témoigne ce maxi. “Hold On To The Metal” est bien prometteur, mais il faudra que le groupe soit plus précis dans ses intentions à l’avenir.

Site officiel: http://www.royalcanoe.com/

Rédigé par 500khz

février 21, 2012 à 14:09

Alaclair Ensemble – America

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Si comme moi vous n’êtes pas un habitué de la scène Hip Hop Québécoise, Alaclair Ensemble vous donnera l’impression d’une formation énigmatique, imprévisible et nébuleuse. Ce n’est pas parce qu’on ne connaît pas l’identité du collectif : parmi ses collaborateurs, le collectif compte des membres d’Accrophone, Movèzerbe ou le MC Maybe Watson. Alaclair Ensemble se distingue aisément des autres produits francophones : lancement d’albums gratuit, dont le triplé “Musique Bas-Canadienne d’Aujourd’hui”, création d’une philosophie basée sur l’histoire et les traditions Québécoises, esthétisme bénéficiant d’une grosse portion d’originalité et grande attention vers la créativité de leur musique et de leur propos. La lecture du glossaire disponible sur leur site web laisse entrevoir un manifeste pour “un Québec post-rigodon lucide, e’l mince”.

Après avoir élevé la barre sur “Musique Bas-Canadienne d’Aujourd’hui”, Alaclair Ensemble s’en sert comme javelot sur “America”, son dernier doublé. Sonorités électro par-dessus le Hip Hop original du groupe, “America” s’éloigne de l’aspect expérimental du disque précédent, se faisait plus concis et direct, en garrochant une toune en une minute quelque. Incisif et subversif, Alaclair Ensemble donne encore cette impression que malgré la cohésion des chansons, la musique et les paroles sont toujours sur le point de s’écrouler, tout en nous surprenant à chaque coup de boom. Les beats frôlent la perfection, tout comme ils flirtent avec le relâchement. Très bonne idée que d’incorporer des remixes parmi les compositions originales, les versions revues s’agençant plutôt bien aux nouvelles pièces. Les dix-neuf pièces de “America” incarnent l’esprit Post-Rigodon du groupe : ce n’est pas parfait, mais ce que c’est l’fun.

Comme dans tout bon échange au hockey, Alaclair Ensemble offre avec «America», une recrue top prospect, “Dans l’South du Bas”, un EP de trois chansons avec les versions accapella de celles-ci. “Vire de bow”, “Les Insectes” et “Moulin Ben Sec”, s’avèrent être mémorables et hypnotisantes. Je ne sais pas pour vous, mais à l’heure actuelle, je suis comblé.

“America” et “Dans l’South du Bas”, disponible en téléchargement gratuit.

Site officiel : http://www.alaclair.com

Rédigé par 500khz

février 20, 2012 à 14:32

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